Conférence : les secrets du paysage économique local

Le 25 février à l’ENSM de Gardanne s’est tenue la conférence-débat  sur le thème du potentiel économique des Bouches du Rhône et de la capacité de rebond des entreprises face à la transformation de notre économie.

Cet événément,  organisé par le Club d’Affaires des anciens élèves de l’IAE d’Aix en Provence (AD-IAE-AIX) en collaboration avec  l’UPE13,  marque le lancement d’un cycle de conférences qui s’échelonnera sur deux ans ; les prochaines traiteront du RSE et du stress au travail (le 24/02/10, organisé par le club coaching) et de l’énergie et de la mobilité durable (juin 2010, organisé par le club d’affaires).

M. Fiocchi, délégué aux relations industrielles de l’ENSM nous a présenté brièvement la nouvelle antenne de l’Ecole des Mines de St Etienne, qui a ouvert ses portes en 2003 et qui a pour mission de former des cadres de haut niveau pour l’industrie et de contribuer au développement de l’industrie par la recherche.

Des représentants de la CCIMP et du Crédit Agricole ainsi que des patrons de PME/PMI nous ont ensuite livré leur analyse et leur vision de l’économie des Bouches du Rhône, dont voici quelques extraits :

Approche structurelle :

La région PACA est la 15ème région européenne et la 3ème de France, et se compose principalement d’entreprises de moins de 10 salariés (93%). Elle possède un taux de chômage élevé (11,5%) mais dont l’écart avec la moyenne nationale s’est réduit ces dernières années. Le territoire a bien résisté à la crise, grâce au développement du bassin Aixois qui a porté les autres bassins en déclin (naval, sidérurgique et houillier), des industries en mutation et à très faible valeur ajoutée. La région a su tirer partie des nouvelles sources d’opportunité que représentent l’industrie des TIC, des puces intelligentes, des produits nomades et possède désormais une industrie de haute technologie florissante (25 % de l’activité de la région contre 13% en France).

Cependant des freins demeurent, notamment dans le secteur des transports (déplacements entre les territoires et lien avec le reste de l’Europe), du logement et de l’enseignement supérieur. Des axes de développement et d’amélioration ont d’ores et déjà été fixés par les autorités locales. 

Approche organisationnelle :

Le nombre de défaillances d’entreprise a augmenté de 10% respectivement en 2008 et en 2009, les secteurs les plus touchés étant le bâtiment, l’immobilier, le transport et l’industrie hors agroalimentaire (Source : Altares). Les carnets de commande dans la région  ont diminué à partir de mai 2008 jusqu’en mai 2009, pour retrouver un niveau normal en janvier 2010 (Source : Banque de France). Enfin, l’année 2010 devrait être positive pour les entreprises qui ont innové ces 3 dernières années (Source : Oseo).

Au niveau bancaire, la crise va engendrer un décalage entre les bilans dégradés de 2009 et la reprise économique de 2010, qui implique une augmentation des demandes de financement, que ce soit pour le cycle d’exploitation ou pour les innovations. Les banques seront confrontées à des indicateurs de risque et un coût du risque élevés, alors que les entreprises seront en plein développement.

Témoignages : les stratégies qui ont payé !

Quatre entreprises nous ont apporté leur témoignage quant à l’évolution de leur activité en temps de crise et aux stratégies qui se sont avérées payantes :

Politique de rigueur

La première entreprise, qui est centrée sur une activité de niche, a vu ses conditions commerciales se dégrader : baisse des assurances clients, pression des prix vers le bas provoquant la diminution de la marge commerciale et baisse des crédits fournisseurs. Elle a du s’adapter à ce nouvel environnement et modifier ses comportements : économies financières, actions commerciales moins coûteuses, recentrage sur les produits de base, fermeté des recouvrements, couverture sur le change et aménagement des crédits.

Diversification

La deuxième société a profité de la crise pour se diversifier et proposer à sa clientèle un service global, pour être présente dans toutes les étapes de l’activité. Cette stratégie a permis de consolider les résultats du groupe, de répartir le chiffre d’affaires et de créer des partenariats avec des entreprises de la région.

Amélioration des performances

La troisième entreprise a attiré l’attention sur l’importance que revêt le capital humain dans l’amélioration des résultats commerciaux et la croissance de l’entreprise. Ainsi, les freins structurels peuvent être surmontés grâce à la motivation du personnel, l’amélioration des performances (équipes/individus), la réorganisation des équipes, pendant que les investissements sont gelés.

Positionnement sur un secteur porteur

Enfin, la quatrième entreprise n’a pas ressenti les effets de la crise et a continué à se développer grâce au secteur porteur et à forte croissance, sur lequel elle est positionnée.

Positivons !

D’une manière générale, les informations structurelles qui nous ont été données durant la conférence nous permettent de mieux identifier les forces et les faiblesses de notre région et d’adapter nos stratégies et actions en conséquence. En outre, les témoignages des quatres entrepreneurs sont d’une valeur inestimable  en ces temps moroses. Ils nous prouvent encore une fois, que l’inertie n’est pas de mise dans nos métiers et que l’homme, comme toujours, tire sa force de sa grande capacité d’adaptation. Alors …. positivons !

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