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Les clés du succès de la traduction externalisée

Une bonne communication entre le donneur d’ordre et le traducteur est la garantie d’une traduction réussie !

1. PREPARATION DES DOCUMENTS

Avant d’envoyer les documents à traduire, certains points doivent être vérifiés pour éviter toute perte de temps et surcoût inutile :

Contenu :

  • Toutes les parties du document sont elles essentielles ? Certaines idées ne peuvent-elles pas être résumées, synthétisées ?
  • Le document est-il pertinent pour le public/pays visé (une partie concernant les spécificités d’un pays n’intéressera certainement pas le lecteur d’un autre pays)
  • Le document est-il cohérent, concis, clair ? Un document mal écrit ou confus peut entraîner une mauvaise interprétation du traducteur ou tout simplement un document confus dans la langue finale.
  • Le document a-t-il été validé par toutes les parties prenantes, s’agit-il bien de la version finale ? Toute modification ultérieure du document source va se répercuter sur vos traductions et risque de générer un surcoût et du retard.

Précisez au traducteur quelle est la finalité du document traduit pour qu’il adapte son style en conséquence.

Format :

Demander à votre prestataire dans quel format il souhaite recevoir les documents. Chacun aura des exigences différentes en fonction de sa manière de travailler et des logiciels dont il dispose.

Le saviez-vous ? Certains traducteurs maîtrisent les principaux logiciels d’édition et peuvent traduire directement dans votre format de publication : InDesign, Framework, Publisher, … Dans le cas contraitre, il convient de faire traduire vos documents en format word et prévoir un temps de mise en page (copier/coller dans votre logiciel d’édition).

Délai :

Evitez d’envoyer vos documents au dernier moment :

  • Le travail de traduction recquiert concentration et réflexion : au-delà de la compréhension du texte et de sa transcription, le traducteur est amené à faire des recherches terminologiques et à rédiger le document dans le meilleur style qui soit. Un temps raisonnable doit lui être imparti pour éviter que le travail soit bâclé.
  • Le traducteur peut avoir plusieurs traductions à mener de front ; un délai de livraison raisonnable lui permet de mieux organiser son temps et d’avancer sur chaque projet.
  • Tout travail demandé en urgence entraîne un surcoût (travail la nuit ou le week-end majoré) et le risque d’une traduction imparfaite (liée au stress).

Le traducteur connaît son rythme de travail et pourra vous donner un délai raisonnable, au vu des documents.

2. CHOIX DU PRESTATAIRE

Le mandataire doit choisir son prestataire en fonction de certains critères, dont l’importance varie selon les convictions de chacun, mais qui influencent le tarif :

Diplômé ou non : le métier de traducteur n’étant pas réglementé, n’importe quelle personne maîtrisant une langue étrangère peut proposer des services de traduction, avec des tarifs et une qualité variable. En la matière, il existe des traducteurs diplômés incompétents et des traducteurs non diplômés compétents. De même, un tarif élevé n’est pas forcément la garantie d’un traducteur compétent et inversement. Sélectionnez le traducteur qui vous semble le plus compétent, en fonction de son expérience, de ses clients et des travaux qu’il a déjà réalisés.

Spécialisé ou généraliste : De la même façon qu’un bon vendeur est capable de vendre n’importe quel type de produits, un bon traducteur est capable de s’adapter à tout type de documents ou de domaines. Cependant, un traducteur littéraire se concentre plus sur le style, le sens et le jeu des mots, le traducteur technique sur la terminologie, les procédés et instructions techniques, un traducteur commercial/marketing sur les jeux de mots et les dernières tendances, …. Si la traduction de votre document ne nécessite pas forcément le recours à un expert (dont les tarifs seront plus élevés, à juste titre), assurez-vous que le traducteur a l’habitude de traduire avec succès le genre de documents que vous demandez.

Dans votre pays ou à l’étranger : avec la mondialisation, vous pouvez solliciter des traducteurs dans le monde entier. Attention toutefois de ne pas tomber dans le piège des traducteurs/agences proposant des prix hyper compétitifs mais qui ne sont pas forcément sensibilisés à la QUALITE. Une mauvaise traduction nécessite d’être révisée ou retraduite, ce qui entraîne un coût supplémentaire et l’allongement du délai de livraison.

Demandez des références ou des extraits de documents traduits, pour juger des compétences du traducteur.

Avant de passer votre commande, renseignez-vous sur les moyens de paiement internationaux accepté par votre prestataire, afin de prévoir les frais bancaires relatifs aux virements hors U.E, hors SEPA ou dans une autre devise.

3. LE PROCESSUS DE TRADUCTION

Si le traducteur travaille pour vous pour la première fois, il va devoir se familiariser à votre secteur, à la terminologie de votre entreprise, à votre mode de fonctionnement, aux procédures … Ne vous étonnez donc pas s’il demande des éclaircissements sur certains points qui peuvent vous sembler évidents. Au contraire, cela signifie qu’il est consciencieux. Pour l’aider, transmettez-lui des documents similaires ou la terminologie propre à votre entreprise, répondez à ses questions le plus précisémment possible.

4. CONTRÔLE FINAL

Enfin, veillez à faire relire le document traduit par des collaborateurs natifs. C’est non seulement un moyen pour vous de juger le travail du traducteur, mais aussi de détecter les coquilles et les éventuelles « erreurs culturelles » (voir exemples ci-dessous) !!

A qui confier ses traductions ?

Les entreprises qui souhaitent communiquer à l’international ne savent pas toujours quelle politique adopter en matière de traduction : vaut-il mieux faire traduire ses documents en interne ou confier les traductions à un professionnel ? Dans ce cas, qui contacter : un traducteur freelance ou une agence de traduction ?  Avant de prendre une décision, plusieurs facteurs doivent être pris en compte :

Vos ressources internes :

Vous avez certainement dans votre entreprise des personnes qui parlent une ou plusieurs langues.  Quel(s) poste(s) occupe(nt)-elle(s) ? Pour traduire un e-mail, une commande, ces personnes pourront certainement vous aider. Mais sont-elles compétentes pour traduire une plaquette commerciale ou un contrat ?  Un ingénieur, un commercial ou un responsable juridique ont-ils les mêmes connaissances et compétences rédactionnelles ?

Si vous disposez dans vos effectifs d’une personne qui maîtrise suffisamment la langue à traduire, qui connaît bien la terminologie et qui possède de bonnes capacités rédactionnelles, d’autres points doivent être éclaircis :

1. Cette personne désire-t-elle traduire : on peut aimer parler une langue et ne pas aimer traduire et rédiger, c’est une activité qui ne plaît pas à tout le monde !

2. Cette personne a-t-elle le temps de faire le travail ? La traduction d’une page complexe prend environ 1 heure (300 mots). Multipliez ce temps au nombre de pages de votre document et vous obtiendez le temps de travail nécessaire à votre employé pour traduire ; à cela, il faut ajouter le temps consacré aux réunions, appels téléphoniques, tâches quotidiennes, urgences, etc. Comme le dit si bien l’adage, « le temps, c’est de l’argent », veillez à ce que le temps consacré à la traduction ne nuit pas à votre « productivité ».

Vos besoins :

S’agit-il de traductions ponctuelles ou régulières ? Pour des besoins ponctuels, vous pouvez confier les traductions à un traducteur freelance. Pour des besoins très réguliers, vous pouvez envisager d’embaucher un traducteur à mi-temps ou à plein-temps.

Traduction en une seule langue ou en plusieurs ? Si vous devez faire traduire vos documents en une seule combinaison de langues, travailler avec un traducteur professionnel est la meilleure solution pour vous. Vous bénéficierez d’un service personnalisé, d’un travail cohérent et homogène. Par contre, dans le cas où vous devez faire traduire vos documents dans plusieurs langues, il est recommandé de travailler avec une agence de traduction, qui sera votre interlocuteur unique et servira d’interface entre vous et les différents traducteurs.

Le coût :

En termes de coût, il vous sera toujours plus rentable de réaliser vos traductions en interne, mais avez-vous pensé aux coûts annexes : le temps passé par votre employé à traduire, une moindre qualité possible, qui peut nuire à votre communication et à vos ventes.

Le recours à un traducteur freelance est relativement rentable, car vous traitez directement avec lui, sans l’intermédiaire d’une agence de traduction. Assurez-vous d’avoir les compétences et les connaissances nécéssaires  pour pouvoir sélectionner un traducteur qualifié et être capable de juger son travail. Les lecteurs finaux de vos documents (filiales, partenaires ou clients localisés dans le pays cible) pourront vous apporter un retour sur la qualité et le style d’écriture de la traduction (au moins au début de la collaboration).

Le recours à une agence de traduction est plus coûteux que les deux options précédentes, mais il a le mérite de vous libérer de tout travail de sélection, suivi et contrôle : sélection d’un ou de plusieurs traducteurs, constitution d’une équipe, suivi du projet, contrôle qualité, paiement de chaque traducteur, etc.. En outre, seule l’agence dispose des ressources nécessaires pour prendre en charge un travail urgent, remplacer votre traducteur indisponible, répartir les tâches en cas de gros volumes, etc …

A vous de choisir en fonction de vos ressources, de vos besoins et de votre budget ;-) !

Quelques pistes Webmarketing pour vous lancer à l’international

Avant de vous lancer tête baissée à la conquête des marchés internationaux, pourquoi ne pas commencer par améliorer votre visibilité sur le web dans ces pays ? Cette approche simple et peu coûteuse vous permettra de tester en amont vos produits et de vous lancer sur le terrain avec toutes les armes en main.

Choix de la langue : éviter le piège du tout anglais

Contrairement à ce que l’on pense, même si l’anglais est largement utilisé en France comme principale langue de travail internationale, son positionnement et son intérêt peuvent différer selon le pays cible. Par exemple, pour approcher les pays latino-américains, les langues hégémoniques y sont l’espagnol et le portugais. (Voir chiffres détaillés ici). Vous-mêmes, lorsque vous cherchez un produit, ne privilégiez-vous pas les sites rédigés en français ? Pourquoi vos futurs clients réagiraient différemment ?

Les chiffres de l’e-commerce, des pays aux potentiels différents

La vente en ligne a le vent en poupe. En témoigne l’étude réalisée par le Center for Retail Research (CRR) pour le compte de Kelkoo, qui prévoit une croissance moyenne de l’e-commerce de 19,6% en 2011, la plus forte croissance étant prévue pour la Pologne (33%) et la France (24%). C’est le moment d’en profiter !

Mais comment connaître les habitudes et comportements des prospects étrangers pour pouvoir leur vendre vos produits ?

Mathilde Chénel de Planet49 France nous apporte un premier élément de réponse en établissant un lien entre la part de l’e-commerce dans la distribution et sa phase de développement.

D’après les chiffres du CRR, la Grande-Bretagne et l’Allemagne font parti des précurseurs (respectivement 10,7 % et 8,0 % des ventes totales), suivis de près par la Suisse, les pays scandinaves et la France, cette dernière affichant un taux de pénétration de 6%, proche de la moyenne européenne (5,9%). Ces pays en phase de maturité ou de développement nécessitent un ciblage très précis pour éviter la saturation et le rejet. Par contre, l’Italie, l’Espagne et la Pologne qui découvrent le webmarketing seront plus réceptifs aux campagnes de masse. Cependant, Mathilde Chénel souligne les réticences des italiens et portugais à ces méthodes, qui se traduisent par un faible ROI pour l’instant.

E-mailing, Newsletter, Smartphone ?

En fonction de la réglementation de chaque pays et de ses habitudes culturelles, les canaux de communication seront utilisés différemment par les internautes européens. L’étude comparative réalisée par Contactlab sur le comportement des internautes vis-à-vis de l’e-mailing est une véritable mine d’information à ce sujet. On peut notamment y apprendre que :

Le nombre moyen d’adresses e-mail s’élève à 2,3 (similaire dans tous les pays européens) et que les allemands ont tendance à privilégier des adresses anonymes. Que le nom de domaine Hotmail est le plus utilisé en Espagne, gmx en Allemagne et Yahoo au Royaume-Uni.

Les systèmes de communication privilégiés en France sont la messagerie instantanée en France et le SMS via Internet en Italie.

En ce qui concerne la consultation des e-mails via les smartphones : forte tendance au Royaume-Uni (21%) contrairement à l’Espagne (11%). Attention : le coût de connexion très élevé en Italie est un frein majeur dans ce pays !

Le Newsletter est plus usitée en France (9,5%) et en Italie (7,5%), elle l’est moins en Espagne et au Royaume-Uni (5,3 et 5,2%)

Les allemands sont plus enclins à acheter en cliquant sur le lien d’une Newsletter

Les habitudes d’achats en ligne diffèrent également d’un pays à l’autre: livres/cd en Allemagne, voyages en Espagne, etc…

Quel réseau social pour quel pays ?

Avez-vous déjà entendu parlé d’Orkut, StudiVZ, Mixi, hi5 ? Il s’agit tout simplement des réseaux sociaux leaders au Brésil, en Allemagne, au Japon et au Portugal respectivement. Ces sites ont été privilégiés par l’un ou l’autre pays pour des raisons essentiellement culturelles, comme l’explique Alexandre Pouchard dans son article.

A chaque pays son réseau social. Pour une meilleure visibilité à l’étranger, il convient donc d’étudier en premier lieu lequel est le plus actif, et donc le plus performant dans le pays cible.

Sources :

Etude du Centre for Retail Research

Quel levier de marketing direct et online adoper pour quel pays ?

Pourquoi on est sur Facebook, le Brésil sur Orkut, Taïwan sur Plurk

L’étude comparative réalisée par Contactlab sur le comportement des internautes vis-à-vis de l’e-mailing

Quelles langues valent le plus sur le marché du travail ?

 

Millenium : exemple de traduction aléatoire

Jacques Drillon, écrivain et journaliste au Nouvel Observateur a dressé une liste édifiante de certaines erreurs de traduction qu’il aurait relevées dans la célèbre trilogie suédoise Millenium.

Au lire de l’article, ces erreurs paraissent effectivement incroyables, voire inacceptables de la part de traducteurs professionnels : pléonasmes, fautes de grammaire, choix maladroit de certains mots, tutoiement abusif … A se demander si les traducteurs (qui ont travaillé à deux) étaient vraiment des professionnels et maîtrisaient réellement la langue française.

La réponse des traducteurs et les explications  de Régis Boyer, spécialiste des langues scandinaves, nous apportent un éclairage nuancé de ces accusations (qu’elles soient justifiées ou non). Au-delà de la polémique, toute cette affaire démontre que la qualité d’une édition traduite dépend de facteurs plus ou moins aléatoires :

  • Style de l’auteur, style du traducteur : l’une des règles du parfait traducteur, est de restituer le plus fidèlement possible le style original du texte source. Le traducteur doit s’effacer devant l’oeuvre originale. Or, que se passe-t-il si le style d’écriture du traducteur est aux antipodes du texte qu’il traduit, s’il n’arrive pas à se l’approprier, ou s’il est mauvais ? Doit-il l’adapter, l’améliorer ? Que se passe-t-il si le livre est indigeste et par conséquent unbankable ? Que se passe-t-il s’il est complètement ré-écrit ? Quelle est la limite entre traduction et rédaction ?
  • Correcteurs/relecteurs des maisons d’éditions : les personnes qui ont relu et corrigé la traduction n’ont apparemment pas été choquées par ces « erreurs »? Peut-être n’étaient-elles pas suffisamment formées ou manquaient-elles de temps ou de motivation, pour pouvoir faire un travail professionnel.
  • Temps : selon l’adage bien connu « le temps, c’est de l’argent », plus on passe du temps à fignoler, moins on est rentable. Et le monde de l’édition n’échappe pas à la règle.
  • Dictionnaire : les traducteurs mis en cause se réfèrent au dictionnaire le Robert pour justifier certains choix. Cependant, le fait qu’une expression figure dans ce dictionnaire de référence ne signifie pas forcément qu’elle est contemporaine, usitée et qu’elle puisse être lue et comprise par un public issu de milieux culturels différents. Aux traducteurs/relecteurs de faire la part des choses.
  • Références interculturelles, littéraires : au-dela de la traduction sémantique, il est important de toujours conserver le registre de langue du texte d’origine (langage courant, soutenu, argot, etc.). Selon Régis Boyer, les suédois ont tendance à tutoyer très facilement et les traducteurs/correcteurs ont choisi de conserver ce tutoiement. Mais dans cet exemple, l’aspect interculturel de la France a été mis de côté. Là encore, il s’agit d’un choix purement subjectif. Fallait-il adapter les formes de politesse pour ne pas choquer les lecteurs français ou bien faire transparaître la culture suédoise ? Le lecteur a-t-il envie de s’en imprégner ?
  • Auteur du livre : il est plus facile de rester fidèle au texte source lorsque l’on a la possibilité de parler et d’échanger directement avec son auteur. Or Stieg Larsson était décédé à la publication de ses livres, les traducteurs n’ont donc pas pu s’entretenir avec lui sur ses choix sémantiques, ses préférences stylistiques, ce qui a favorisé les interprétations personnelles.
  • Epoque : ce facteur ne s’applique pas à Millenium, mais de nombreux classiques sont régulièrement réédités avec une nouvelle traduction, adaptée à l’image de la société contemporaine.

D’un point de vue linguistique, le traducteur est toujours amené à « trahir » la vrai pensée de l’auteur à un moment ou à un autre, comme l’illustre si bien l’adage italien « traduttore, traditore » (traducteur-traître), bien connu de la profession. Il faut ajouter à cela la savante pondération de tous ces facteurs, de façon à rendre le contenu suffisamment fidèle, intelligible et lisible pour ne pas perturber la lecture par des considérations syntaxiques et grammaticales. Le résultat final dépendra de l’importance accordée à tel ou tel facteur, non seulement par le traducteur, mais aussi par tous les protagonistes du projet (l’auteur de l’oeuvre originale, le donneur d’ordre, le(s) relecteur(s), …). Ceci prouve que la traduction n’est pas une science exacte et qu’il existera toujours des milliers de traductions possibles pour un seul et même texte.

 

ARTICLES COMPLETS :

Critique de J. Drillon:  Les bourdes de millenium

Réponse des traducteurs : Le critique littéraire qui ne reconnaît pas la Bible

Eclairages de R. Boyer : Il n’y pas de textes suédois légers

 

 

 

Lorsqu’une traduction se répand comme une rumeur

Je vous fais part d’un article publié sur le blog des correcteurs du journal le Monde, qui est très représentatif des questions que peuvent se poser les traducteurs au moment de choisir un mot ou un autre, et des conséquences que peut engendrer ce choix.

Dans le cas présenté, il s’agit de diplomatie dont on parle et de savoir ce qu’ont réellement voulu exprimer les autorités chinoises sur l’attribution du prix Nobel au dissident Liu Xiaobo. Parlaient-elles d’obscénité, d’indécence, d’aberration, d’obstination, d’arrogance, de dévoiement ??? Quoi qu’il en soit, il semblerait qu’une mauvaise traduction (interprétation ?) glissée dans le communiqué de l’agence Reuter aurait été à la source des erreurs en cascade retrouvées dans les articles du monde entier.

Mais le plus intéressant dans tout ça, ce sont les commentaires qui se trouvent au dessous de l’article et qui témoignent de la complexité à comprendre et interpréter une idée dans son contexte, qu’il soit linguistique, historique, politique ou culturel, et en toute impartialité. Les commentaires des traducteurs et linguistes qui se sont penchés sur la question valent vraiment le détour, notamment leurs digressions et joutes linguistiques ;-) .

Lire l’article

Conférence-débat sur la réunification allemande

Le 1er décembre dernier s’est tenue dans les locaux de l’IEP d’Aix-en-Provence, une conférence-débat pour fêter les 20 ans de la réunification allemande. Cet événement a été un véritable succès au vu du nombre impressionnant de participants qui ont submergé la salle de conférence. Près de 200 personnes sont venues écouter un personnage clé de la réunification allemande, qui allait apporter son témoignage sur les événements survenus entre 1989, année de la chute du mur et 2010 : M. Walter Momper, ancien Maire-Gouverneur de Berlin-Ouest au moment de la réunification, premier Maire de la capitale allemande réunifiée (jusqu’en 1991) et membre du Parti Social-Démocrate.

Petit rappel historique (Source : www.cfaprovence.com) :

Le jour où le Mur de Berlin tomba marqua l’apogée d’une révolution. Cette révolution aplanit la voie menant à la fin de la division et à la réunification de l’Allemagne le 3 octobre 1990. 10 mois seulement après la Chute du Mur, le Traité 2 + 4, signé le 20 septembre 1990, menait à la réunification allemande avec l’adhésion des 5 nouveaux Länder au « domaine d’application de la loi fondamentale de la République Fédérale d’Allemagne ». Berlin fut désignée comme capitale de l’Allemagne. Symbolisée désormais par la division allemande, la modernisation du Reichstag et par une porte de Brandebourg ouverte, cette ville semble incarner la fin de la partition.

« Une révolution pacifique » :

M. Momper a tout d’abord souligné que la réunification allemande avait fait l’objet d’une révolution pacifique, réussie et aboutie (les hommes politiques, la sécurité ne se sont pas opposés à la population), contrairement à la plupart des révolutions qui se sont produites de par le monde (i.e. Révolution française, didactures, …).

« Les Alliés et les pays frontaliers ont contribué, chacun à leur manière, à la réunification de l’Allemagne » :

Mais cette révolution n’a pas été le seul fait du peuple allemand, elle a pu se concrétiser grâce à la participation active des autres pays, chacun à leur manière : grâce à la présence continue des Alliés (France, Grande-Bretagne et Etats-Unis) sur le territoire malgré les menaces et la guerre froide. La Hongrie, la Pologne et la République Tchèque, en ouvrant leur frontière à la RDA ont également contribué à l’enchaînement des événements qui se sont produits par la suite.

« La réunification allemande est aussi une réunification européenne » :

La réunification allemande a conduit à une réunification européenne, en permettant aux anciens pays de l’Est qui se sentaient européens, de faire partie de cette puissance économique qu’est l’Europe, tout en se protégeant de la Russie.

Les revendications des citoyens allemands de l’ex-RDA :

Les citoyens de l’ex-RDA se sont élevés contre la didacture pour :

  • jouir d’une monnaie forte, le D-mark
  • mettre fin au régime de la Stasi, qui était infiltrée pratiquement dans toutes les familles
  • supprimer la SED (principal parti politique de la RDA)
  • jouir de la liberté de circuler, de décider par eux-mêmes, de s’émanciper de la tutelle de l’Etat.

Les problèmes rencontrés :

Fossé économique entre les 2 régions : 20 ans après, le bilan de la réunification économique reste mitigé. Les infrastructures est-allemandes étaient vieillissantes et les entreprises naufragées, peu productives et peu compétitives. Depuis, de nombreux investissements ont permis d’améliorer les infrastructures et la situation économique de cette région, mais le tissu économique reste peu dynamique, manque de PME/PMI et le chômage y reste encore très élevé (entre 15 et 20 % contre 4-10 % dans l’ancienne Allemagne de l’Ouest. La politique de reconstruction est toujours en cours.

Fossé culturel entre les 2 régions : Suite à 40 ans de didacture et 12 ans d’occupation nazie, les Ossis (ex-allemands de l’Est) expriment très peu leur opinion personnelle et ont du mal à exprimer clairement leurs points de vue et à argumenter (hormis les jeunes qui arrivent à s’adapter). D’un autre côté, les Wessis (ex-allemands de l’ouest) ont plus d’expérience dans le capitalisme, apportent leur savoir-faire et leurs conseils, ce qui conduit à des tensions entre les deux communautés.

QUESTIONS DE L’AUDITOIRE

Réunification ou unité allemande ?

Une étudiante a demandé pourquoi les allemands ne parlaient pratiquement plus de réunification (Wiedervereinigung), mais plutôt d’unité allemande (deutsche Einheit). M. Momper a expliqué que « l’unité » était un terme plus précis scientifiquement, car il se réfère à un processus d’unification, de création et non à un simple rassemblement (géographique ou historique) de deux entités.

Le phénomène de l’Ostalgie est-il si répandu ?

En effet, ce phénomène existe mais il est plutôt générationnel. Ce sont surtout les anciens qui regrettent les aspects positifs de l’ex-RDA, telle que l’abscence de criminalité. Les personnes qui n’ont pas su s’adapter ou tirer leur épingle du jeu de la réunification se plaignent également, mais il est important de rappeler que l’ex-RDA était bel et bien une didacture et non un Etat de droit et de ne pas oublier les persécutions qui y étaient perpétrées. La majorité des allemands est heureuse de cet événement, même si le fait de ne pas se réjouir de sa situation fait partie de la culture allemande !

Pour conclure, le témoignage de M. Momper apporte non seulement un éclairage géopolitique de la réunification mais il constitue également le reflet sociétal de l’Allemagne d’aujourd’hui.

Créer son entreprise et réussir

Dans le cadre des « Journées de l’Entrepreneur », l’IAE d’Aix-en-Provence, l’AD-IAE, le Réseau Excellence et Ernst & Young ont organisé le 16 novembre dernier une table ronde dynamique, autour du thème : HISTOIRES D’ENTREPRENDRE… Les 5 étapes de la réussite pour Entreprendre.

Cinq dirigeants à différents stades de développement de leur activité nous ont parlé de leur entreprise et des raisons qui les ont conduits à créer.

Parmi les raisons évoquées figurent :

  • L’épanouissement personnel (faire ce qui nous plaît, donner un sens à ce que l’on fait, …)
  • La lutte contre l’ennui, la routine (sortir du cadre de l’entreprise, être multi-casquettes, …)
  • La création de son propre poste (se créer un poste personnalisé, monter plus rapidement les échelons, …)
  • Le choix d’un mode de vie (être libre, créatif, indépendant, contrôler sa vie, …)
  • Le goût d’entreprendre (acheter/vendre, construire, créer des synergies, …)
  • Le choix de gagner plus d’argent (vivre mieux, statut social, …)

Les intervenants ont également donné quelques conseils pour réussir :

  • Prévoir une sécurité financière pendant deux à trois ans pour compenser le manque de rémunération au démarrage
  • Etre bien entouré : professionnellement et personnellement, pour être soutenu, dynamisé, compris
  • Collaborer : établir des partenariats avec d’autres entreprises, présenter des offres communes, complémentaires, s’appuyer sur le réseau
  • Se singulariser, se différencier : faire les choses de la manière qui nous est propre
  • Vendre et vendre bien : le chiffres d’affaires est primordial pour la perennité de l’entreprise et la création de fonds propres
  • Ecouter son intuition est aussi important que les chiffres
  • Prévoir l’imprévisible, mais accepter les imprévus

Toute personne souhaitant créer son entreprise est immédiatement confrontée à des réalités pratiques : business plan, choix du statut, financement, recherche de locaux, embauche.  Cependant, il ne faut pas négliger l’aspect humain de la création, autrement dit la personnalité du créateur, dont dépend souvent la réussite de l’entreprise. Cette table ronde a souligné l’importance du porteur de projet dans l’aventure de la création, non seulement au niveau de ses compétences et de son raisonnement, mais aussi au niveau de sa motivation profonde.

Nouveau : des lunettes traductrices

Les sociétés japonaises NEC (électronique et informatique) et Brother (solutions d’impression) se sont associées pour fabriquer des lunettes traductrices. Intégré à une paire de lunettes, un mini-écran retranscrit dans votre langue les propos de votre interlocuteur, après les avoir enregistrés par reconnaissance vocale sur un serveur distant et traduits. Utilisées dans ce cas à des fins de communication (enregistrement vocal), ces lunettes pourraient également trouver des applications dans d’autres secteurs, grâce à l’enregistrement vidéo : assistance technique à distance, identification à distance de colis, ….

Une innovation qui risque fort de changer nos vies à long terme, mais se pose à nouveau la question de la qualité des traductions. Celles-ci seront certainement réalisées par des logiciels de traduction automatique, dont les performances restent encore variables selon les langues et la complexité des messages.

Vidéo de présentation

Article complet

Conférence de l’AD-IAE-AIX sur la mobilité durable

Le jeudi 17 juin dernier s’est tenue la 2nde conférence de l’AD-IAE-AIX sur le thème de la mobilité durable. En voici une synthèse :

Depuis la nuit des temps, la mobilité a toujours été un enjeu de survie pour l’homme, à la recherche constante de nouveaux territoires pour cultiver, chasser ou se protéger. De nos jours, les distances parcourues ne cessent d’augmenter et avec elles, la consommation d’énergie, notamment par l’augmentation du trafic routier. L’homme se trouve désormais confronté au défi de l’économie d’énergie et cherche des solutions alternatives : nouveaux carburants, hydrogène, propulsion électrique, locations de véhicules électriques, co-voiturage, …

Même si la mobilité durable suscite un profond intérêt de la part des usagers, ceux-ci ne sont pas encore prêts à investir dans ces produits, encore peu compétitifs face aux véhicules thermiques. C’est pourquoi, au-delà des aspects purement techniques, la conception des modèles doit être complètement repensée afin de tirer le meilleur parti de la technologie électrique et rendre les véhicules plus performants et moins coûteux. Ceci est d’autant plus vrai, que plus un véhicule est volumineux, plus il consomme de l’énergie, plus il sollicite l’énergie nucléaire et contribue à une forte consommation d’eau. En ce sens, la multimodalité et l’intermodalité qui consistent à utiliser un type de véhicule précis en fonction de chaque usage, semblent les solutions les plus prometteuses. L’idée est de développer un véhicule destiné aux petites distances, qui permet de se déplacer d’un point A à un point B à peu de frais. Certaines collectivités ont même tenté de recourir à des méthodes anciennes (vélos, triporteurs ou chevaux de trait).

L’intelligence des réseaux, le stockage, l’instrumentation, les véhicules légers, les carburants/biocarburants, sont des secteurs qui contribuent de manière innovante au développement des véhicules durables. Ceux-ci sont fortement encouragés par l’Etat français, qui a décidé de se différencier par son savoir-faire (matière-grise),  face à un marché mondial très compétitif. Grâce aux crédits d’impôts recherche et à la promotion et au financement des PMEs par l’intermédiaire d’Oseo, l’Etat espère insuffler des partenariats entre les chercheurs universitaires (innovation) et le tissu économique local (développement des applications).

Des mesures incitatives sont également prévues pour favoriser l’usage électrique dans un futur proche : superbonus de 5.000€ pour l’achat de véhicules électriques, développement d’infrastructures de (re)charges. Pour réduire le coût du transport, dont 25% est supporté par l’acheminement vers les villes (dernier kilomètre), des plateformes de stockage pourraient être créées en périphérie, pour assurer la livraison des marchandises par des véhicules électriques.

Sous cette impulsion, de nouveaux projets innovants qui faciliteront notre quotidien voient le jour : anticipation des pannes,  géolocalisation, applications inspirées de l’Ipod, développement de la filière batteries, standardisation des prises de recharge, développement en mode lent, moteurs électriques intégrés aux roues, recharge des batteries par décélération. De nouveaux modèles de déplacement sont à l’étude, comme les péniches autonomes, les transports silencieux, voire même la magnétohydrodynamique (déplacement sans mouvement mécanique) dans un plus long terme.

Les traducteurs automatiques mis au banc d’essai

Vous en rêviez, The New York Times l’a fait ! Tout le monde s’accorde à dire que les traducteurs automatiques ne sont pour l’instant que des outils d’aide à la traduction ou plutôt à la compréhension de textes, à l’usage limité. Voici l’occasion de vous forger votre propre opinion sur la question, grâce à des exemples concrets, tirés de la littérature :

Etude comparative (traduction humaine, Google Translate, Yahoo Babel Fish, Microsoft Bing Translator)